JDE : Voyage au cœur des Fab Labs azuréens

Le 29 mai 2015, le Journal des Entreprises consacrait un long reportage aux lieux d’innovation et conviait ses lecteurs à un « voyage au cœur des Fab Labs azuréens ».

Lieux d’innovation. Voyage au cœur des FabLab azuréens

Jde FabLab

SoFAB, le FabLab de Sophia Antipolis animé par Telecom Valley

Avec l’ouverture, fin 2014, de l’OpenLab (Nice), du NavLab (Antibes) et du SoFab (Sophia Antipolis), les Fabrication Labotories maillent peu à peu les Alpes-Maritimes. Voyage au cœur de la galaxie des FabLab azuréens où communauté rime avec créativité.

Ils se nomment NiceLab, La Refabrique, NavLab, SoFAB, OpenLab… Depuis une paire d’années, les fablab se multiplient sur la Côte d’Azur. « Ce sont des tiers lieux où l’on échange, partage, mixe et remixe ses idées pour donner corps, à travers le prototypage, à des projets innovants », explique Marc Augier, professeur de management des systèmes d’information à Skema. Soit, un concentré d’outils et de cerveaux qui viennent alimenter le mouvement des « makers », ces bricoleurs passionnés, informaticiens, geeks et créateurs en tout genre, aux horizons divers et compétences variées. Ils forment cette nouvelle communauté d’artisans de l’ère du numérique dont les maîtres mots sont « créativité », « collaboratif », « partage des connaissances ». Avec l’idée, plus ou moins affichée, de tout révolutionner, de la nature des produits, tous personnalisés, à la façon de produire en petite série, localement et à la demande, en passant par la  consommation, recyclage oblige. « Le monde fonce dans le mur en accélérant à tout va, il s’agit donc de créer des modèles alternatifs, participatifs et solidaires », avance Jean-Noël Montagné, fondateur du NiceLab, premier fablab niçois (2011) dont l’approche s’inscrit dans les problématiques sociétales et locales. « Nous sommes tournés vers les innovations open source dans le transport, l’énergie ou l’agriculture », précise-t-il. Une poignée d’artistes, de professeurs et d’étudiants forment ainsi la communauté de ce fablab responsable qui travaille actuellement à la conception d’un robot solaire, équipé d’un laser et d’une caméra, pour détruire les parasites dans les cultures biologiques.

Bistrot de demain

Implanté au cœur de la technopole azuréenne, le SoFAB, fablab orienté Internet des Objets de l’association sophipolitaine Telecom Valley, accueille, lui, une forte population d’ingénieurs, qui « au lieu de s’ennuyer entre midi et deux ou dans les embouteillages à 18h, viennent décompresser en prototypant », souligne son fondateur Pascal Flamand pour qui les fablab deviennent peu à peu « les bistrots de demain, ces endroits où l’on se réunit pour refaire le monde ». À un détail près. Le petit rouge qui tache a laissé place aux imprimantes 3D et autres découpeuses laser. « Ici, rien n’est prédéfini, les gens arrivent avec leurs idées, leurs compétences, et la communauté se penche sur le sujet de façon informelle et erratique. » Et donne naissance à des réalisations concrètes, de l’accordéon électronique porté par un salarié du BTP au nichoir connecté lancé par quatre lycéennes du Centre International de Valbonne.

Projet inter-fablab

Du côté d’Antibes, port de plaisance international, vogue le NavLab, fondé par Bruno Messin. Tourné vers l’activité nautique, il planche sur un projet collaboratif inter-fablab portant sur la création d’un drone sous-marin autonome pour inspecter les coques de bateaux et éviter ainsi aux plongeurs des accidents parfois mortels. « Ce projet répond à un double objectif : fédérer des fablab français et internationaux autour d’un projet participatif et expérimenter un modèle économique pour financer les projets libres portés par les communautés ». Dans ce cas précis, chaque fablab sera rémunéré en fonction de ses contributions. Toutefois, comme les autres fablab, le NavLab intéresse un public plus large de retraités, de familles mais aussi de porteurs de projets d’entreprise. À l’instar de Thierry Courbon et d’Emmanuel Curinier, fondateurs de la jeune pousse F-Reg qui développe un système de clapets escamotables en alternative aux bassins de rétention. Placé dans les canalisations, il joue un double rôle de stockage et d’évacuation de l’eau de pluies pour éviter les inondations. Le clapet, dont la valve a été prototypée au NavLab, est installé sur un premier site pilote à Écully, près de Lyon.

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